Les épisodesPassion Médiévistes

Episode 7 – Guillaume et les tournois de chevalerie

Dans ce septième épisode, Guillaume Bureaux nous parle de sa thèse sur les pas d’armes à la fin du Moyen Âge lors des tournois de chevalerie.

Le pas d’armes était une forme théâtralisée et poétique de la joute. Les tournois servaient d’abord à canaliser la violence des chevaliers entre deux guerres, ils pouvaient se dérouler sur plusieurs jours, et deviennent de plus en plus réglementés. On apprend dans cet épisode que la femme à une place plus importante qu’on le croit pendant les tournois. Elles inspirent les chevaliers pour combattre, et elles décident, en tout cas en théorie, les vainqueurs et attribuent les prix. Mais il n’existe malheureusement pas d’exemple connu de femme combattante en armure.

Si le sujet vous intéresse voici quelques ouvrages pour en savoir plus :
  • Le Pas du perron fée (Édition des manuscrits Paris, BnF fr 5739 et Lille BU 104), éd. HORN Chloe, ROCHEBOUET Anne et SZKILNIK Michelle, Paris, Champion, CFMA , 169, 2013.
  • Louis de BEAUVAU, Le pas d’armes de la Bergère maintenu au tournoi de Tarascon, éd. G. A. Crapelet, Paris, 1828.
  • BARBER Richard et BARKER Juliet, Les tournois, Paris, Cie 12, 1989.
  • GAIER Claude, Armes et combats dans l’univers médiéval, Bruxelles, de Boeck, 1995 et 2004, 2 vol.
  • GIRBEA Catalina (dir.), Armes et jeux militaires dans l’imaginaire, XIIe-XVe siècles, Paris, Classiques Garnier, 2016.
  • GONTHIER Nicole (dir.), « Le tournoi au Moyen Âge », actes du Colloque des 25 et 26 janvier 2002, Cahiers du centre d’histoire médiévale, 2, 2003.
  • HEERS Jacques, Fêtes. Jeux et joutes dans les sociétés d’occident à la fin du Moyen Âge, Montréal, PIEM, 1971.
  • STANESCO Michel, Jeux d’errance du chevalier médiéval. Aspects ludiques de la fonction guerrière dans la littérature du Moyen-Age flamboyant, Leyden, Brill, 1988.
  • VAN DEN NESTE Evelyne, Tournois, joutes et pas d’armes dans les villes de Flandre à la fin du Moyen Âge, Paris, École des Chartes, 1996.

A voir aussi : La joute, le plus gracieux des arts de la guerre, par Loïs Forster

Les extraits sonores diffusés dans cet épisode :
  • Kaamelott – Livre III Episode 31 Le tournoi
  • Game of Thrones, saison 1 Episode 5
  • Chevalier, réal. Brian Helgeland, 2001, Columbia TriStar Films
Depuis quelques mois Guillaume a finit sa thèse, et il a un petit message pour vous :

La Thèse est morte, vive Passion Médiévistes !

Pour fêter le début d’une nouvelle aventure, ce qu’est sans coups férir le nouveau site de Passion Médiévistes, quoi de mieux qu’annoncer la fin d’une autre aventure ? Comme il est dit (notamment dans les biscuits porte-bonheur chinois), la fin d’une chose amène la naissance d’une autre !

Comme je disais dans l’épisode sur les tournois, la Thèse, c’est une grande aventure ! Avec le recul, j’irai même plus loin. La Thèse est une épreuve qualifiante, semblable à celle du chevalier littéraire. D’abord, parce qu’elle apparaît comme une quête initiatique qui nous confronte aux terribles réalités de la recherche ainsi qu’aux bonheurs les plus simples qu’elle nous offre : découverte d’une source, consultation d’un magnifique manuscrit ou encore satisfaction du devoir accompli après une journée passée aux archives ou après avoir achevé un chapitre ! Ensuite, parce qu’il s’agit d’une période profondément liminaire, en cela que celui/celle que nous sommes à l’issu de cette quête n’a plus grand-chose à voir avec celui/celle que nous étions. Quel héros-docteur peut affirmer sans hésiter qu’il n’a pas évolué depuis l’époque où il n’était qu’un apprenti-docteur ? Car la thèse modifie notre relation à l’Histoire (pour ceux qui font de l’histoire évidemment) après 3, 4, 5… années passées à fouiller, décortiquer, comprendre, tordre, dépecer et expliquer un sujet de recherche.

Tout cela pour dire qu’enfin, ma quête est achevée ! Si d’autres épreuves m’attendent (je vous laisse le plaisir de découvrir ces problèmes de votre côté, car la thèse se vit principalement seul), je sais que j’ai accompli un exploit (modeste certes) : j’ai pourfendu la Bête d’un coup de lance final en ce 20 novembre 2018, devant l’œil de 6 maîtres en la matière, et ce après plus de 4 années de traque et plus de 3h30 d’épreuve. Bien sûr, tout n’est pas parfait, rien ne l’est en définitive, et je sais qu’il me faut retourner voir la Bête pour réellement achever mon œuvre, pour que la preuve de ma réussite soit diffusée et publiée par toutes les places, tant physiques que numériques !

Sur ce, mes amis, mes frères, mes sœurs qui ont entrepris eux aussi une telle quête, il ne me reste plus qu’à vous souhaiter bon courage, tenez bon, car vous êtes, assurément, plus fort que la Bête et surtout, puisqu’Elle est votre Œuvre, n’oubliez pas que personne d’autre que vous ne la connait aussi bien, seul vous connaissez ses points forts, ses faiblesses, car ce sont les vôtres !