Les épisodesPassion Médiévistes

Épisode 122 – Nadia et les menstrues au Moyen Âge

Comment les menstrues étaient-elles comprises et perçues au Moyen Âge ? 

L’invitée de cet épisode 122 Nadia Pla a soutenu sa thèse en 2025, à l’université de Paris Nanterre, sous la direction de Franck Collard. Intitulée « Les menstrues ou le secret révélé : les discours sur la menstruation dans l’Occident médiéval à travers les « Secrets des femmes » (XIIe-XVe siècles) », elle concerne surtout l’histoire des femmes au Moyen Âge. Nadia Pla s’intéresse à l’articulation entre les menstrues et la notion de secret, autour des « secrets des femmes », cet ensemble de traités médiévaux consacrés au fonctionnement du corps féminin. Oubliez vos idées reçues et autres clichés sur le Moyen Âge, Nadia Pla vous aide à y voir plus clair.

Les traces littéraires des menstrues

« Le sang menstruel serait une sorte d’égout. » — Nadia Pla.

Représentation d’une femme avec un flux sortant de sa vulve dans deux illustrations du livre alchimique « Aurora consurgens » :- Manuscrit alchimique « Aurora consurgens ». Zurich, Zentralbibliothek, Ms. Rh. 172, « Aurora Consurgens », f. 11r (XVe s.) © Zurich, Zentralbibliothek, via archive.org (source : https://archive.org/details/AuroraConsurgens/page/n21/mode/2up)
Représentation d’une femme avec un flux sortant de sa vulve dans un livre alchimique « Aurora consurgens » : Manuscrit alchimique « Aurora consurgens ». Zurich, Zentralbibliothek, Ms. Rh. 172, « Aurora Consurgens », f. 11r (XVe s.) © Zurich, Zentralbibliothek, via archive.org (source : https://archive.org/details/AuroraConsurgens/page/n21/mode/2up)

Enseignante de lettres classiques, Nadia Pla commence par contextualiser les différentes références aux menstrues depuis l’Antiquité, pour toute l’Europe occidentale. En effet, beaucoup d’auteurs du Moyen Âge font directement référence aux textes médicaux et philosophiques de leurs homologues antiques sur le sujet, comme Aristote ou Pline l’Ancien. Nadia Pla vous donne d’ailleurs de nombreux exemples des théories antiques autour des menstrues.

Après l’Antiquité, avec l’avènement du christianisme, les menstrues sont également citées dans les textes religieux, et plus particulièrement sous la plume des auteurs qui les commentent. Nadia Pla vous explique qu’on y traite particulièrement des notions du « pur » et de « l’impur », notamment au travers d’un récit biblique consacré à Jésus, qu’elle raconte et commente pour vous.

« Ce livre-là fut un succès énorme ! […] [Pourtant] ça n’a aucun intérêt littéraire : c’est d’une lourdeur… » — Nadia Pla.

Nadia Pla consacre sa thèse aux « secrets des femmes », un corpus d’une centaine de manuscrits répertoriés, entre médecine, théologie et philosophie, consacrés au fonctionnement du corps des femmes. Ces textes se basent sur un texte latin initial, probablement publié vers la fin du XIIIème siècle, et dont on ignore l’auteur ainsi que l’origine exacte. Nadia Pla ne tarit pas de détails sur son corpus, étayés notamment par des sources judiciaires. Suivez-la jusque dans les coulisses de sa méthode de recherche.

 

Les menstrues et la médecine

Nadia Pla avoue qu’aucune source dont elle dispose ne précise la façon dont les femmes géraient leurs règles au quotidien, du moins pas explicitement. Elle a trouvé certaines références indirectes à des serviettes menstruelles et, peut-être même à des tampons. Elle fait aussi appel au bon sens, en déduisant que l’on devait probablement utiliser le même genre de langes que pour les nourrissons.

Oui, la médecine est présente au Moyen Âge. C’était d’ailleurs le sujet de l’épisode 4 de notre série Sciences & Moyen Âge. La question des règles est donc elle aussi abordée sous un angle médical. Ainsi, les deux préoccupations majeures de l’époque pour les femmes et les médecins étaient d’en avoir trop et de ne pas en avoir du tout. En effet, à l’époque, et comme Nadia Pla a pu l’observer dans les sources, les variations de cycles étaient considérées comme une condition médicale très grave. Cela explique que beaucoup de manuscrits traitent de ces problèmes et de la manière d’y remédier, sans distinction entre médecine, magie, ou religion.

« Les relations sexuelles en période de menstrues, ça, c’est un sujet énorme ! » — Nadia Pla. 

Beaucoup de théologiens médiévaux se sont également penchés sur la conduite à adopter auprès des femmes menstruées, et sur ce que les femmes étaient autorisées à faire ou non pendant leurs règles. Ainsi, Nadia Pla vous raconte les débats autour de la présence des femmes menstruées dans les églises, ou des rapports sexuels au sein du couple en période de menstrues.

- Brugge, Openbare Bibliotheek Brugge, 593, f. 4r (XVe s.), traduction néerlandaise du « Livre de Trotula » (XIIe s.)© Bibliotheek Brugge (source : https://sharedcanvas.be/IIIF/viewer/mirador/B_OB_MS593)
Représentation d’un pessaire : Brugge, Openbare Bibliotheek Brugge, 593, f. 4r (XVe s.), traduction néerlandaise du « Livre de Trotula » (XIIe s.)  ©  Bibliotheek Brugge (source : https://sharedcanvas.be/IIIF/viewer/mirador/B_OB_MS593)

Les idées reçues sur les menstrues

« Le regard d’une femme menstruée, c’est très dangereux ! Et quand on y pense, c’est très cohérent. » — Nadia Pla. 

Illustration d’un poème de la série Balnea Puteolis (Bains de Pouzzoles) de Pierre d’Eboli :- Paris, Bibliothèque Nationale de France, fr 1313, f. 19r (XIVe siècle). © Gallica (source : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6001045k/f45.item)
Illustration d’un poème de la série Balnea Puteolis (Bains de Pouzzoles) de Pierre d’Eboli : Paris, Bibliothèque Nationale de France, fr 1313, f. 19r (XIVe siècle). © Gallica (source : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6001045k/f45.item)

Nadia Pla souligne que le corpus des « secrets des femmes » a été rédigé par des clercs et ne fait pas état des croyances populaires du Moyen Âge sur les menstrues. Comme le précise Nadia Pla, les manuscrits qu’elle a étudiés ne constituent pas des traités d’observations scientifiques à proprement parler. Il s’agit plutôt de commentaires et de traductions de textes ou d’idées reprises depuis l’Antiquité, au sujet des règles, de l’allaitement ou encore de la ménopause. D’ailleurs, vous entendez quelques-unes des pépites de ces croyances, des plus vraisemblables aux plus farfelues.

« Le sang menstruel serait un aphrodisiaque, pour faire venir ou revenir l’amour. » — Nadia Pla. 

Les théories avancées dans ces manuscrits sont explicitées avec une certaine logique, cohérente pour l’époque et l’état des connaissances à ce moment-là de l’Histoire. C’est particulièrement le cas chez Aristote, dont Nadia Pla vous dévoile quelques théories sur les effets des menstrues ou des femmes menstruées, ayant inspiré les auteurs médiévaux des « secrets des femmes ».

« Une femme ménopausée, c’est une femme menstruée plus, plus, plus. » — Nadia Pla. 

Selon Nadia Pla, les clichés véhiculés dans ces manuscrits sont aussi une manifestation de la misogynie ambiante, qui se développe tout particulièrement à la fin du XIIIe siècle. L’âgisme est aussi un autre type de discrimination envers les femmes à cette période. Écoutez Nadia Pla vous raconter comment on avait recours à une vieille femme pour prévenir les jeunes hommes nobles de tomber amoureux.

Pour en savoir plus sur le sujet de l’épisode, on vous conseille de consulter :

Le podcast La Menstruelle

Ouvrages mentionnés dans l’épisode :

  • Emmanuel Le Roy Ladurie, Montaillou, village occitan de 1294 à 1324, édition revue et corrigée en 1982, Collection Bibliothèque des Histoires, éditions Gallimard
  • Yvonne Verdier, Façons de dire, façons de faire. La laveuse, la couturière, la cuisinière, 1979, éditions Gallimard

I. Sources accessibles en ligne

Les deux versions françaises du « Secrets des femmes » :

Pour un exemple de procès pour une femme que l’on accuse d’avoir donné à un homme un philtre à base de sang menstruel :

Représentation de la plaie du Christ à la verticale en pleine page de manuscrit :- Psautier de Bonne de Luxembourg. New York, The Met Cloisters, ms 69.86, f. 331r (vers 1335). © Met Museum (source : https://www.metmuseum.org/fr/art/collection/search/471883)
Représentation de la plaie du Christ à la verticale en pleine page de manuscrit :
Psautier de Bonne de Luxembourg. New York, The Met Cloisters, ms 69.86, f. 331r (vers 1335). © Met Museum (source : https://www.metmuseum.org/fr/art/collection/search/471883)

Registre criminel du Châtelet de Paris, du 6 septembre 1389 au 18 mai 1392, éd. Henri Duplès-Agier, Paris, C. Lahure, 1861-1864, tome 1. https://archive.org/details/registrecriminel01gran/page/n7/mode/2up

Le texte complet du procès (qui est surtout le procès de Margot de la Barre, mais où Marion la Droiturière, alias Marion l’Estallée, intervient beaucoup) s’étend de la page 327 à la page 363. Margot de la Barre est accusée d’avoir donné des herbes, prétendument pour guérir du mal de tête, à Agnesot et à son mari Hainsselin. Ce fameux Hainsselin est l’ex-petit ami de Marion la Droiturière (qui est complice avec Margot de la Barre), c’est pourquoi ses méfaits sont aussi mentionnés et jugés ici. C’est aux pages 336-337 que figure la déposition de Marion la Droiturière qui reconnaît « avoir mis un peu de ses fleurs [c’est-à-dire ses menstrues] » dans une boisson qu’elle a partagée avec Hainsselin.

Pour un exemple de recueil qui comporte de nombreuses recettes destinées à guérir les dysfonctionnements menstruels :

Le livre des simples médecines : traduction française du Liber de simplici medicina dictus Circa instans de Platearius : tirée d’un manuscrit du XIIIe siècle (Ms. 3113 de la Bibliothèque Ste Geneviève de Paris), Paul Dorveaux (éd.), Paris, Publications de la Société française d’histoire de la médecine, 1913. https://archive.org/details/BIUSante_131702B/page/n2/mode/2up

  1. 2, 10, 12, 14, 25, 27, 40, 50, 55, 59, 142 : « pour donner à une femme sa nature », c’est-à-dire pour faire revenir un flux menstruel retenu.
  2. 111 : « contre le flux des menstrues », c’est-à-dire pour arrêter un flux menstruel excessif.

Pour des exemples de charmes (incantations, énoncés magiques à écrire ou prononcer) destinés à guérir les dysfonctionnements menstruels :

« Carminabase » est une base de données en ligne de formules d’incantation médiévales ou « charmes ». https://carminabase.ehess.fr/fr/search (Dans la catégorie « fonctions » du menu de gauche, sélectionner « Pour la menstruation » et « Contre le saignement »)

II. Images

Illustration d’un poème de la série Balnea Puteolis (Bains de Pouzzoles) de Pierre d’Eboli : Paris, Bibliothèque Nationale de France, fr 1313, f. 19r (XIVe siècle). © Gallica (source : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6001045k/f45.item)

Le poème sur la page voisine de cette illustration énumère les qualités de la source Silvia à Pouzzoles, dont celle de faire revenir les menstrues retenues. On y voit un groupe de femmes nues présentées sans érotisme ni caricature ni diabolisation. Leur pubis est rehaussé d’une petite touche de rouge indiquant le retour du flux menstruel. Elles semblent simplement heureuses de partager ensemble un bon moment.

Représentation de la plaie du Christ à la verticale en pleine page de manuscrit :

- Livre d’Heures à l’usage de Sarum. Oxford, Bodleian Library, ms lat. liturg., f. 2 (vers 1390-1410).© Bodleian Library (source : https://digital.bodleian.ox.ac.uk/objects/55dbf4b2-d614-4f46-80de-c7de81ab47b6/)
Livre d’Heures à l’usage de Sarum. Oxford, Bodleian Library, ms lat. liturg., f. 2 (vers 1390-1410). © Bodleian Library (source : https://digital.bodleian.ox.ac.uk/objects/55dbf4b2-d614-4f46-80de-c7de81ab47b6/)

Sur ces livres dont les commanditaires étaient souvent des femmes, la plaie du Christ est représentée à la verticale, ce qui lui donne l’aspect d’une vulve sanglante. La plaie du Christ apparaît aussi sur des parchemins-ceintures utilisés pour la protection des femmes enceintes et parfois accompagnés de charmes pour faciliter l’accouchement.

Représentation d’une femme avec un flux sortant de sa vulve dans deux illustrations du livre alchimique « Aurora consurgens » :

(La bibliothèque de Leyde n’a pas mis ce manuscrit en ligne, mais on peut le voir dans cet article : https://journals.openedition.org/imagesrevues/)

Le sens exact de cette illustration n’est pas certain. Le texte qui l’accompagne parle d’astrologie embryonnaire, déclinant l’influence de chaque planète sur chaque mois de grossesse.

Sur le premier manuscrit, la femme représentée au centre de la ceinture zodiacale tient donc sans doute un quadrant (objet servant à faire des mesures astronomiques), et elle est probablement représentée en train d’accoucher, juste avant ou juste après l’expulsion du bébé, que l’on ne voit pas. Le liquide qui sort de sa vulve serait donc du sang des couches, sang qui était généralement considéré comme la même substance que le sang menstruel. Le fait que ce sang soit représenté comme incolore pose quand même question, surtout sur une page par ailleurs très colorée.

Sur le deuxième manuscrit, l’objet tenu en main semble plus un chiffon qu’un quadrant, et le liquide qui sort de la vulve de la femme est clairement rouge, mais ce manuscrit est plus tardif, et le peintre a peut-être copié l’image du premier manuscrit ou d’un autre plus ancien, sans vraiment comprendre.

Représentation d’un pessaire : Brugge, Openbare Bibliotheek Brugge, 593, f. 4r (XVe s.), traduction néerlandaise du « Livre de Trotula » (XIIe s.) ©  Bibliotheek Brugge (source : https://sharedcanvas.be/IIIF/viewer/mirador/B_OB_MS593)

L’objet représenté est un pessaire (dispositif intra vaginal, décrit comme un morceau de laine moulé et imbibé des ingrédients voulus, éventuellement enveloppé dans un morceau de lin fin). Ce recueil gynécologique du XIIe siècle propose plusieurs recettes de pessaires à base de plantes, destinés à soigner des dysfonctionnements menstruels.

C’est donc bien un pessaire que représente ce manuscrit du XVe siècle qui ajoute de nombreuses illustrations pratiques au texte du XIIe siècle (cliquez sur le lien ci-dessus pour feuilleter le manuscrit : ce sont de jolies illustrations aquarellées). Toutefois, la lectrice ou le lecteur d’aujourd’hui ne peut qu’être frappée par la ressemblance avec un tampon menstruel, jusqu’aux stries dans le tissu et au petit cordon pour retirer l’objet du vagin commodément. Il n’est pas impossible que des femmes du Moyen Âge ait utilisé la technique du pessaire, sans les herbes médicinales, juste pour absorber le sang, à la manière de nos tampons modernes.

III. Bibliographie grand public

Sur les règles en général :

  • Thiébaut Élise, Ceci est mon sang : petite histoire des règles, de celles qui les ont et de ceux qui les font, Paris, La Découverte, 2019 [2017].
  • Mey Louise, Klaire fait grr, Chattologie. Un essai menstruel avec des dessins dedans, Paris, Hachette, 2021.
Livre d’Heures cistercien, commanditaire féminine. Baltimore, Walters Art Museum, W218, f. 28v (vers 1440).© Walters Art Museum (source : https://thedigitalwalters.org/Data/WaltersManuscripts/html/W218/)
Livre d’Heures cistercien, commanditaire féminine. Baltimore, Walters Art Museum, W218, f. 28v (vers 1440). © Walters Art Museum (source : https://thedigitalwalters.org/Data/WaltersManuscripts/html/W218/)

Le marché de l’édition française est inondé depuis 2017 par des ouvrages grand public sur les règles. Ces deux-là, en plus d’être très drôles et agréables à lire, sont sérieux et détaillés. Le deuxième est l’adaptation d’une pièce de théâtre qui tourne toujours.

Sur la vision anthropologique de la menstruation :

  • Verdier Yvonne, Façons de dire, façons de faire. La laveuse, la couturière, la cuisinière, Paris, Gallimard, 1979.

Une remarquable enquête anthropologique dans un petit village de Bourgogne dans les années 1970. C’est une enquête très ciblée et on ne peut pas transposer systématiquement les croyances qui y sont exposées à d’autres sociétés, mais cela permet de comprendre beaucoup de croyances en milieu rural de la France du XXe siècle et probablement de siècles antérieurs.

  • Testart Alain, L’amazone et la cuisinière. Anthropologie de la division sexuelle du travail, Paris, Gallimard, 2014.

Là, au contraire, le point de vue est très global. Ce très court essai repose sur une synthèse de plusieurs centaines d’études. Il est très agréable à lire et lumineux dans sa démonstration sur la division sexuelle du travail, qui aurait partie liée selon lui avec la menstruation. On lui a cependant reproché précisément d’avoir simplifié des données et d’avoir voulu trouver une explication universelle. Quoi qu’il en soit, c’est un livre qui fait énormément réfléchir.

Sur des sujets en lien avec la menstruation au Moyen Âge

  • Jacquart Danielle, Thomasset Claude, Sexualité et savoir médical au Moyen Âge, Paris, Presses Universitaires de France, 1985.

Un livre remarquable, le premier à avoir fait un point complet sur les théories savantes médiévales sur la sexualité et sur le corps féminin. Bien que légèrement daté pour certains points et ne citant pas toujours en détail les sources, c’est une base pour comprendre ces théories. Il n’est malheureusement plus édité, mais on peut le trouver en bibliothèque ou l’acheter d’occasion.

  • Bologne Jean Claude, La naissance interdite. Stérilité, avortement, contraception au Moyen Âge, Paris, Olivier Orban, 1988.

Un livre très agréable à lire et qui fourmille d’informations sur la façon dont les médiévaux envisageaient la sexualité, la grossesse, la naissance, la stérilité, les fausses couches, la contraception, l’avortement. À travers ces thèmes, la menstruation est souvent abordée. Il n’est malheureusement plus édité, mais on peut le trouver en bibliothèque ou l’acheter d’occasion.

  • Marienberg Evyatar, Niddah. Lorsque les juifs conceptualisent la menstruation, Paris, Les Belles Lettres, 2003.

Ce livre est consacré à la conception de la menstruation chez les Juifs. Une grande partie est consacrée à une approche historique, et notamment plusieurs chapitres sur le Moyen Âge, qui mettent en relation les croyances juives et les croyances chrétiennes. Indispensable pour comprendre comment la vision chrétienne du Moyen Âge a parfois été influencée par certaines croyances juives, a parfois tenté de s’en démarquer, et s’est parfois construite en opposition avec elles. Le livre est d’une grande clarté et contient de nombreuses citations éclairantes.

  • Van der Lugt Maaike, Le ver, le démon et la Vierge. Les théories médiévales de la génération extraordinaire : une étude sur les rapports entre théologie, philosophie naturelle et médecine, Paris, Les Belles lettres, 2004.

Ce livre explore les théories médiévales sur la génération, et en particulier la génération humaine, processus dans lequel les menstrues jouent un rôle majeur (semence, fabrication de l’embryon, développement, nourriture du fœtus, etc.)

  • Lett Didier, Hommes et femmes au Moyen Âge : histoire du genre, XIIe-XVe siècle, Paris, Armand Colin, 2013.

Un petit manuel destiné à faire le point pour les étudiants, mais très facile à lire pour tous. Il fait un bilan très court (mais toujours accompagné de quelques exemples) sur chacun des sujets en lien avec l’histoire du genre au Moyen Âge. La table des matières très détaillée permet de naviguer aisément à l’intérieur.

Illustration de l'épisode 122 sur les menstrues par l'artiste din
Illustration de l’épisode 122 sur les menstrues par l’artiste din

Leur étude permet de savoir si les personnes mortes à tel ou tel âge étaient déjà « post-ménarchées » ou non (c’est-à-dire si elles avaient déjà eu leurs premières règles ou non). L’augmentation ou la diminution de ces tranches d’âge sur une période permet d’en déduire l’augmentation ou la diminution de l’âge moyen de la ménarche sur cette même période. La conclusion est que l’âge moyen des filles « post-ménarchées » a augmenté dans la période précédant la Peste Noire (milieu du XIVe siècle), puis a diminué après. L’hypothèse des autrices est que les meilleures conditions de santé que l’on constate dans l’Europe d’après la Peste Noire (la baisse démographique entraînant une augmentation des ressources disponibles par personne) auraient favorisé un âge plus précoce de la ménarche.

IV. Bibliographie et écrits de Nadia Pla

Publications personnelles sur internet :

  • Blog « Chemins antiques et sentiers fleuris » : https://cheminsantiques.blogspot.com/. Blog généraliste que je tiens depuis 2007, à une époque où je ne m’intéressais même pas encore au Moyen Âge !

Pour lire spécifiquement les articles qui concernent les menstrues, aller directement à : https://cheminsantiques.blogspot.com/search/label/Menstrues (presque une cinquantaine d’articles à ce jour).

Articles scientifiques et chapitres d’ouvrages :

  • Pla Nadia, « Le miroir d’Aristote : la place du discours médical dans la vision des menstrues à la fin du Moyen Âge », 2022, disponible en ligne : https://hal.science/hal-04607612v1 (article validé par comité de lecture).
  • Pla Nadia, « Visions féminines des menstrues dans l’Europe médiévale du XIIᵉ au XVᵉ siècle », Questes, n°45, 2023, p. 89-106, DOI : https://doi.org/10.4000/questes.6315.
  • Pla Nadia, « Où sont les sorcières de la Lune Rouge ? Le vernis médiéval d’un féminisme menstruel », Perspectives médiévales, n°45-46, 2024, DOI : https://doi.org/10.4000/13bhs.
  • Pla Nadia, « Le faux secret du Secrets des femmes : de la prétendue violence féminine à la violence masculine effective », in Violences de genre et pratiques de « care » au Moyen Âge, Rose Delestre, Benedetta Viscidi (dir.), Lausanne, Epistémé (Presses Polytechniques et Universitaires Romandes), 2026.
  • Pla Nadia, « La fabrique de l’enfant dans le sang menstruel au Moyen Âge », in Maternités. Archéologie de la figure maternelle, catalogue de l’exposition au Chronographe, Nantes, Éditions 303 et Nantes métropole, 2026, p. 16-19.

D’autres articles et chapitres d’ouvrages à paraître en 2027…

Livres à paraître :

  • Un livre grand public inspiré de ma thèse est en cours d’écriture. Il paraîtra peut-être en 2027. Son titre probable sera « Les Fleurs vermeilles ».
  • Un petit essai est en cours d’écriture sur les charmes (incantations) destinés à réguler la santé des femmes au Moyen Âge. Il paraîtra peut-être en 2028.

Fiction :

  • Pla-Massoudy Nadia, La Perle rouge, Editions Complicités, 2025.

Inspiré d’un tableau vu au Louvre, le portrait en diptyque de la famille Gail, une famille de riches marchands de Cologne, exécuté en 1545 par Barthel Bruyn, l’un des plus grands peintres de Cologne, ce roman imagine le destin des membres de cette famille et de celle du peintre, ainsi que d’autres personnages, tous historiques. L’intrigue est construite autour de la quête d’une mystérieuse « perle rouge ».

Pour en savoir plus : https://nadiapla4.wixsite.com/chemins-antiques/post/la-perle-rouge-roman-historique-paru-en-f%C3%A9vrier-2025

Dans cet épisode vous avez pu entendre les extraits des œuvres suivantes :

  • Lecture d’un extrait du Secret des femmes par Baptiste Mossiere
  • Kaamelott Saison 1 Episode 23 « La Potion de Fécondité »

Si cet épisode vous a intéressé vous pouvez aussi écouter :

Merci Clément Nouguier pour le générique et à Alizée Rodriguez pour la rédaction de l’article qui accompagne cet épisode !